Une croûte de classe mondiale

Trajet : Sydney-Blackheath : 120 km

A 11h00, prise en main de la voiture de location que Matteo s’était occupé de louer pour nous : une Toyota Corolla du début des années 90 (soi-disant). La découverte de la voiture (APRÈS avoir signé le contrat évidemment… Oooops erreur !!!) fut un choc d’une ampleur maintes fois supérieure à celui déclenché par la découverte de la chambre du backpackers : là, au milieu d’un petit garage d’arrière cour, se tenait une voiture à côté de laquelle la 205 de ma mère pourrait passer pour luxueuse. Le coffre était tout rouillé dans un coin, et même pas étanche. De plus, il était trop petit pour accueillir tous nos bagages, et il a fallu en caser à l’arrière. Cela aurait vraiment valu la peine de nous prendre en photo à ce moment. Aucun de nous n’osait faire le moindre mouvement vers la voiture, et la secrétaire de l’agence courrait partout et nous encourageait à venir mettre nos sacs dans le coffre. De plus, il aurait été intéressant de voir les coups d’oeil en coin que Florent et moi devions lancer à Matteo, qui avait d’ailleurs l’air le plus mal de nous trois avec son air de “Oh ! mon Dieu, j’ai ruiné les vacances”.

Le fait que la voiture était équipée d’un choke (comme une bonne vieille tronçonneuse) nous est tout d’abord passé inaperçu (et n’a pas été mentionné par la secrétaire, dont Matteo trouvait la voix sensuelle (et après on se demande pourquoi il a loué la voiture là…)), et le fait qu’il était tiré n’a donc pas été remarqué. Ce qu’on a noté par contre, c’est que même en première, la voiture n’avait pas assez de couple pour passer la rampe du garage et se lancer à l’assaut de Sydney : satané choke ! Tout est rentré dans l’ordre lorsque Florent a noté la présence du levier en question, et ayant une expérience de longue date dans les tronçonneuses à essence (mais quels genre de jouets recevait-il à Noël le petit Florent ???), il l’a judicieusement poussé pour réduire l’entrée d’air. Et nous voici donc parés pour partir à l’assaut des Blue Mountains que l’on atteint après avoir parcouru une cinquantaine de kilomètres et après moults rétrogradages, dus à la puissance phénoménale du moteur de notre tracteur. Le paysage est magnifique. Un arrêt à Wentworth Falls et un autre à Katoomba nous permettent de découvrir des falaises impressionnantes dans une forêt d’eucalyptus, ainsi qu’une curieuse formation rocheuse : les 3 soeurs.

Nous nous arrêtons le soir venu dans un camping à Blackheath où l’on découvre la présence de barbecues à gaz. Décision est donc prise de se rendre au magasin du coin pour se munir de viande, que nous cuisons puis mangeons joyeusement. Ce n’est qu’une fois le repas terminé que nous nous apercevons que nous n’avons absolument rien pour nettoyer la plaque, maintenant couverte de résidus de viande grillée, et nous voilà donc forcés de gratter avec des bouts de bois, et de frotter avec du PQ volé aux WC et imbibé d’eau. Notre fierté personnelle nous interdit évidemment de demander de l’aide à nos voisins pourtant super-équipés : ils étaient français…

Les Suisses débarquent à Sydney

Le Lundi vers 7h30 heure locale, notre avion atterrit à Sydney. A la douane, on nous confisque les sardines de nos tentes, le temps de les nettoyer et de les désinfecter, l’importation de terre, bactéries et virus (trois exemples d’une longue liste) étant strictement interdite sur sol Australien. Et visiblement, ils ne plaisantent pas à la douane. C’est donc avec des sardines propres comme des sous neufs que nous débarquons dans le hall, et retrouvons Matteo, puis Nathalie (la cousine de Florent) et son amie Christelle qui partaient faire prof de ski pendant l’hiver australien dans les Snowy Mountains. Cette première journée se passera donc à 5.

Matteo, en grand Sydnéen d’adoption puisque déjà sur le terrain depuis trois mois, nous guide dans les trains de Sydney jusqu’au backpackers qu’il avait déjà réservé : Le Famous Jolly Swagmann Backpackers. Coloré et sympathique à première vue, l’entrée dans les chambres a l’effet d’un choc thermonucléaire : bordel incroyable dû aux 2 occupants qui étaient déjà dans le dortoir à 6, et surtout une odeur pestilentielle à côté de laquelle la tanière d’un renard passerait pour fraîche et aérée ! Nathalie et Christelle ne sont pas mieux tombées. En plus du bordel et de l’odeur, une des occupantes pisse dans une bassine en plastique qu’elle vide dans la douche plutôt que d’aller aux toilettes, qu’elle n’a soi-disant pas trouvées. Décidément, la faune qui hante ce genre d’établissement ne me plaît pas du tout, et je me réjouis de passer au Camping.

Nous partons bien vite (l’odeur qui règne dans les chambres ne nous encourage pas à rester) visiter Sydney, avec passage devant l’opéra, petite sieste au jardin botanique et escapade en Ferry jusqu’à Manly beach. Le soir, nous prenons congé de Nathalie et Christelle qui partent tôt le lendemain pour les Snowy. Durant la nuit, nos deux “colocataires” bordéliques parlent et m’empêchent de trouver un repos bien mérité. L’une d’elles se plaint d’une douleur au ventre et pense avoir le cancer. Décidément, il y a des baffes qui se perdent…

Un long voyage

Départ de la maison le Samedi 26 vers 11h30 avec mon sac, ma tente, et l’impression fâcheuse mais persistante d’avoir emporté beaucoup trop de trucs. D’ailleurs, il m’a fallu mettre mes affaires dans 3 sacs différents avant de trouver celui qui convenait le mieux, et qui n’avait pas l’air de vouloir se rompre au moindre stress mécanique.

Je retrouve Florent dans le train pour GVA. Arrivée au guichet de check-in 2h30 avant le départ de l’avion (il y aura du monde m’avait prévenu mon père, spécialiste du débarquement prématuré) où nous sommes les seuls au guichet Swiss ! Vol jusqu’à ZRH, puis jusqu’à Narita (~120 km de Tokyo). L’escale de 9 heures nous pousse à remplir les formalités d’immigration pour pouvoir nous rendre au centre de Tokyo. Après avoir réussi à se procurer un billet de train rapide à prix d’or (on s’en est rendu compte après avoir acheté le billet), et être rentré (non sans peine) dans le bon wagon du bon train, nous traversons la campagne japonaise et débarquons une heure plus tard au centre ville.

Les complications commencent lorsque l’on décide de se procurer le billet de retour avant de partir à la découverte, afin d’éviter les mauvaises surprises : la gare est IMMENSE et tout est écrit en japonais! Le centre de Tokyo n’est pas très intéressant, et se compose principalement de grands immeubles et de boutiques de luxe.  L’heure du retour approchant, nous nous mettons en quête de la voie de train dans le dédale de la gare, que l’on arrive à trouver avec étonnement peu de problème.

La soif nous tenaillant, nous achetons dans un distributeur ce que l’on méprend pour des bouteilles de thé froid. GROSSIERE ERREUR ! Il nous faudra les huit heures de vol jusqu’à Sydney pour nous remettre de ce traumatisme.