la journée des îlets

Aurère – Cayenne

L’étape de jour est nettement plus courte et avec moins de dénivelé que les précédentes, et on ne va pas s’en plaindre : nous pourrons un peu récupérer. Notre itinéraire va nous faire traverser plusieurs îlets du cirque de Mafate, qui sont de petits hameaux sans voies de communications et qui vivent en quasi autarcie : Îlet à malheur, la Plaque, îlet à Bourse, Grand-Place et Cayenne.

Il fait assez froid le matin, et la gardienne du gîte arbore un chapeau de paille confectionné par sa mère, pour – nous dit-elle – garder sa tête au chaud. Mais vu sa chevelure généreuse, je doute que le chapeau puisse l’isoler d’avantage. D’ailleurs quand je dis qu’il fait froid, tout est relatif : nous partons tout de même en t-shirt et short, mais à voir les habitants d’Aurère emmitouflés dans leurs vestes polaires, on s’attendrait presque à voir la neige tomber. La gardienne du gîte nous prévient que nous allons probablement croiser le facteur qui parcourt le cirque à pied selon un trajet hebdomadaire. On espère pour lui qu’aucun habitant ne se soit commandé une TV par correspondance…

Chapelle de l’îlet à Malheur
Massif de Bambou dans le cirque de Mafate

Depuis Aurère, le sentier commence par descendre vers une rivière. Le sol est couvert de plants sauvages de chouchous qui poussent comme de la mauvaise herbe. Nous sommes à chouchou-land, et on s’attend donc à voir Thierry surgir du feuillage. Les îlets sont généralement situés en hauteur sur des plateaux séparés entre eux par des ravines, ce qui fait qu’il y a tout de même un dénivelé appréciable, car il faut régulièrement descendre jusqu’à une rivière pour remonter de l’autre côté.

Le chemin nous mène jusqu’au gîte de Cayenne que j’ai choisi pour son superbe emplacement. Nous étions en effet aussi restés à Cayenne en 2009, et l’endroit est tout simplement impressionnant : sorte de plateau au centre d’une plus grande dépression, qui donne à la fois la sensation d’être en hauteur (on surplombe la rivière des galets) et également d’être dominé par des pics acérés et des falaises.

Petite ravine ombragée

Vu la courte durée de l’étape, nous arrivons très tôt au gîte, qui n’ouvre qu’à 15 heures, mais cela nous laisse le temps de se poser sur la terrasse et d’admirer la vue. A 15 heures une personne arrive pour nous donner les chambres. L’accueil est assez froid pour ne pas dire glacial, et c’est à peine si la gardienne décroche 2 mots : « les douches sont là-bas » (ah ben en fait, c’est 4 mots). Je demande si on peut acheter des boissons (par cette chaleur, une bière serait la bienvenue), mais elle me dit qu’elle ne vend rien (pourtant il y a 3 ans, on avait bu une bière sur cette même terrasse. Si si, lisez plus bas!). La bizarrerie de l’accueil se poursuit lors du repas puisqu’à l’heure indiquée, la porte de la salle-à-manger s’ouvre, et du temps que nous et les autres personnes présentes entrions, la dame avait déjà disparu et les plats étaient sur la table, comme si les gardiens voulaient éviter tout contact avec leurs hôtes. Cela me semble très bizarre, car l’association des gîtes de montagne de la réunion devraient employer des personnes aimant le contact avec les clients pour gardienner leurs gîtes ! Ceci dit le repas (dont un excellent porc boucané) était délicieux

A défaut de discuter avec les gardiens, nous conversons avec les autres clients. Il y a un couple d’Allemands qui est très surpris de découvrir que je parle un peu d’allemand car ils ne semblent pas rencontrer beaucoup de personnes parlant leur langue ici. Il y a aussi deux opticiens, dont l’un a des lunettes au design assez particulier et avant-gardiste.

Profil -Étape n° 4

  • Départ: Aurère (934 m)
  • Arrivée: Cayenne (575 m)
  • Distance: 9.3 km
  • Cumul: 58.4 km
  • Durée (sans pauses): 3h58
  • Dénivelé: +602 / -975m
  • Cumul: +4076m / -3579m

 

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