la journée du beau-frère

Caverne Dufour – Bourg Murat

Personne ne sera surpris d’apprendre que l’on dort vraiment mal au clapier de la cabane Dufour. A 4 heures lorsque les gens commencent à partir pour l’ascension au sommet, nous pourrions peut-être trouver l’occasion de dormir un peu, mais c’est sans compter sur Claire qui commence à ronfler, et sur deux pipelettes qui sont aussi restées à la cabane et qui causent dans le réfectoire. Enfin 6h30 arrive, et c’est le moment de sortir du lit pour contempler le lever du soleil que l’on peut aussi très bien admirer depuis la terrasse du gîte. Il fait encore très froid, mais le spectacle est magnifique et le panorama qui s’étend devant nos yeux (plaine des cafres, piton de la Fournaise, côte de l’île…) est bien dégagé.

C’est déjà un peu boueux, mais on n’a encore rien vu!

C’est ensuite l’heure de prendre le petit-déjeuner. Bizarrement, alors que le refuge possède une salle à manger avec une superbe vue (dont on n’a pas pu profiter lors du souper hier puisqu’il faisait complétement nuit), le plateau d’hôpital qui fait office de repas nous est servi dans un horrible espace tout sombre à la sortie des chambres, par un type qui a l’air de se faire chier royalement. Au mur, il y a une pancarte qui explique que nous sommes en altitude, ce qui limite les services qui peuvent être offerts (mais est-ce que ça justifie la gueule du gérant ?). Ceci fait un peu sourire, quand on compare au service offert dans les cabanes en Suisse dans des conditions climatiques bien plus difficiles et à des altitudes plus élevées. Mais passons ! On savait dès le départ que ce serait le gîte le moins agréable, mais il n’était pas possible de l’éviter…

Vue sur la forêt primaire de Bébour

Nous partons donc sitôt nos estomacs remplis pour cette étape qui s’annonce assez longue, d’une part question kilomètres (environ 15), mais surtout à cause du terrain qui est particulièrement boueux. Mais heureusement, nous avons bien assez de temps. La première partie du trajet cependant est sèche, mais nous ne progressons pas pour autant rapidement, car le chemin est parsemé de pierres couvertes d’une petite couche de givre, ce qui semble poser problème à Claire, qui prend plus l’allure de l’escargot que celle de la chèvre agile.

Lorsque l’on quitte le coteau Kerveguen, le chemin s’enfonce dans la forêt, et devient plus boueux. Mais c’est surtout après une abrupte montée sur un petit sommet, lorsque l’on bascule sur la pente qui descend sur Bourg Murat que la boue se montre dans toute sa splendeur, avec un chemin parsemé de petits bouts de bois sur lesquels il faut marcher pour ne pas que notre pied s’enfonce.

Mais malgré cela, nous progressons rapidement, et vers 14h30, nous voici aux kiosques de l’aire de pique-nique du pont de trente, là où Matteo et moi avions passé la nuit. Pour nous éviter les 3km de marche le long de la route nationale, nous avions pris le numéro d’un taxi des environs : Monsieur Le Bon, avec qui nous avions déjà pré-arrangé la course ; il suffit juste de le rappeler lorsque nous sommes arrivés, ce que nous faisons. Une voiture grise devrait venir nous chercher d’ici une dizaine de minutes. Lorsque ladite voiture arrive, nous faisons connaissance avec son chauffeur très bavard et sympathique, qui se trouve être le beau-frère de M. Le Bon, et qui a aussi une entreprise, « mais pas la même que celle de mon beau-frère ». Claire se voit promue au rang de gardienne du « trésor » (la sacoche du chauffeur), et nous voici en route pour un court trajet (bien animé), mais qui aurait été ennuyeux voire dangereux de faire à pied. Nous sommes déposés à la chambre d’hôtes de Clément Alicalapa-Tenon, mais pas avant d’avoir pris rendez-vous pour le lendemain afin d’effectuer le même trajet dans l’autre sens.

La halte du jour est très contrastée avec celle d’hier : propriétaire sympathique et accueillant, lit douillet dans lequel nous pourrons passer une bonne nuit de sommeil, propreté etc. Le repas du soir cuisiné par nos hôtes est très bon, avec notamment un poulet à la vanille dont nous nous souviendrons.

Profil -Étape n° 9

  • Départ: Caverne Dufour (2496m)
  • Arrivée: Pont de Trente (1616m)
  • Distance: 14.7 km
  • Cumul: 119.8 km
  • Durée (sans pauses): 6h03
  • Dénivelé: +241m / -1118m
  • Cumul: +9467m / -7902m

 

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